mardi 25 février 2014

A découvrir!

Maud et Thomas, de BELA, ont eu la belle idée de proposer à quelques écrivains de rencontrer des "muses", anonymes chargés d'histoires, de photos, d'émotions particulières. 

J'ai rencontré grâce à ce projet un jeune homme et une jeune femme lumineux, à qui deux textes sont donc dédiés : 7 ans pour lui, debout pour elle.


http://blog.bela.be/?p=2169


extrait :

Perdre est un mensonge. Et les étoiles ont le droit de ne pas porter le nom des morts.
         - Vous êtes seulement des étoiles, dit-il, apaisé.

         Et lui, il a le droit de réinventer le monde où naît l’absence, car les cris que l’on s’adresse à soi-même ont le pouvoir de murmurer qui l’on est. A sept ans. 

lundi 24 février 2014

Quelques mots sur "tu parles", que je présenterai
en pré-clôture du festival Les Parlantes, à Liège,

sur RTC :

http://www.rtc.be/emissions/lardent-parler/1459856-lardent-parler-20022014

sur le site :

http://www.lesparlantes.be/2014/event.php?id=128


Présentation :

"Les humains parleraient encore 6000 langues de par le monde. C’est autant de musiques, de trésors cachés pour la science, les linguistes et les poètes. C’est 6000 façons d’appréhender l’univers et le quotidien.

Pour Luc Baba, c’est un voyage sans fin, qu’il traduit dans ce texte livré en avant-première, semé d’accents, d’histoires, de joyaux pêchés pour certains dans des langues à peine étudiées.

Si rien, n’est fait, à la fin de ce siècle, il ne restera plus que 500 langues vivantes sur terre. Voilà pourquoi « Tu parles ! » est aussi un appel, un cri d’alarme à partager."




Rendez-vous le 16 mars à 20h30, au Blues Sphere Bar ( rue Surlet, 37 ) 




samedi 15 février 2014

En radio :

Dès ce lundi 17 février, et jusqu'à vendredi, à 5h40 dans le 5-7 de Matin Première, je répondrai aux questions de Marie Vancutsem, dans le cadre de la Foire du Livre :

" On parlera du travail de l'écrivain, de la page blanche, de la construction des histoires, mais aussi des difficultés à se lancer, du secteur de l'édition et de celui du numérique. "

Vive les lève-tôt, le podcast, le duplex et les enregistrements! 


lundi :
http://www.rtbf.be/radio/podcast/player?id=1895306&channel=lapremiere
mardi :
http://www.rtbf.be/radio/podcast/player?id=1895674
mercredi :
http://www.rtbf.be/radio/podcast/player?id=1896053
jeudi :
http://www.rtbf.be/radio/podcast/player?id=1896418
et vendredi :
http://www.rtbf.be/radio/podcast/player?id=1896735


lundi 10 février 2014

Un beau bistrot littéraire en compagnie de Laurent Gaudé...

Ce mercredi 12 février à 12h30 au Centre Wallonie-Bruxelles - Paris

(salle du foyer -46 rue Quincampoix - 75004 Paris)


Laurent Gaudé a proposé en lecture un texte inédit, intense et lumineux, intitulé "Et pourquoi pas la joie?" A partir de notes prises à Port-Au-Prince, l'auteur évoque la naissance d'une enfant au coeur d'un enfer coloré, la renaissance d'un peuple sans doute à travers cet enfant. Ce texte poétique est l'oeuvre d'un homme juste et sincère. 

Avant lui, Jenny Aerts, lauréate du Prix des lecteurs, a lu  le début d'"Ouragan" ( de L. Gaudé également ). C'était sobre, doux, intelligent, la voix posée malgré l'émotion, le rythme était idéal, au service du texte. Une grande prestation pour cette élève du collège Saint-Servais, justement récompensée par cette journée parisienne.
Vous retrouverez Laurent et Jenny au festival "Les Parlantes", de Liège.
J'y serai aussi, bien sûr, parmi tant d'autres auteurs et comédiens. 


DU 12 AU 17 MARS... :

https://www.facebook.com/lesparlantes
http://www.lesparlantes.be/2014/



lundi 3 février 2014

 La révolution des mandarines - roman jeunesse en chantier                  


extrait


La neige couvrait tout le pays, avec ses tout petits pas, son air de rien.
            Justin joua dedans jusqu’à midi. Il essaya de construire un igloo pour Faustinet, la poupée monstre, c’était le nom écrit sur l’étiquette. Mais l’igloo s’effondrait, alors il construisit un bonhomme de neige monstre, et s’aperçut avec bonheur que c’était les plus faciles à réussir. Il lui fit une chevelure avec le foin de la chèvre, et l’appela Lison.
            - Lili ! J’ai fait ta statue ! Ha !Ha ! Viens voir !
            Elle vint démolir l’engeance à grands coups de pied partout, pendant que Justin hurlait en pleurant :
            - Tu te fous des coups de pied à toi-même ! J’m’en fous, tu t’es toute cassée !
            Pour se venger, il la fit tomber par terre, le nez devant, et s’assit sur sa tête, parce que, malgré ses huit ans, il était bon en sport, bâti comme un grand de dix ans, il était bon surtout comme keeper de handbal, parce qu’il était costaud sans être mou.
            - Ha ! T’as le cerveau qui gèle ? Elle a le cer-veau qui gèèè-leeeuh !
            - Justin !
            Ils furent aussitôt punis dans leur chambre, punis par l’ennui sans Internet et sans play-station.
            Tellement d’ennui que Justin ouvrit son livre, et regarda les images. Toutes les images. De laides images naïves,  avec des enfants au sourire attardé, dessinés en style moderne avec le corps trop long. Douze contes de douze pays de tous les continents, et le même air épaté, la même maladie déformante, et parfois un méchant animal, plein de dents et de cris aigus.
            Parce qu’il s’ennuyait encore, Justin regarda une seconde fois, et son attention fut attirée par un visage différent, celui d’une fillette de cinq ou six ans, du genre petite Indienne qui ne souriait pas. D’ailleurs, il eut l’impression qu’elle devait avoir plus ou moins la même tête que lui à ce moment-là, avec la peur de quelque chose. Elle était dessinée normalement, assise entre des maisons de ferraille et de carton. Il trouva qu’il l’aimait un petit peu bien, et referma le livre, se colla le nez à la fenêtre, et là, il vit un épervier qui saignait un moineau, juste à côté des débris de la statue de Lison.
            - Coool !
            Le rapace emporta sa proie en quelques battements lourds, et Justin poussa la tête sur le palier.
            - Maman, je suis encore puni longtemps ? J’en ai marre.
            - Encore dix minutes.
            - Je compte !
            Il compta jusqu’à quinze, mais c’est ennuyeux de compter, surtout quand on ne compte rien que des secondes vides, alors il regarda la petite trace rouge à côté de la tête fracassée, et les cheveux de foin éparpillés par-dessus. Pendant trois secondes, ça  lui donna envie de s’excuser auprès de sa sœur, mais à condition qu’elle s’excuse en premier, sous peine de finir comme sa statue.
            - C’est bon, les enfants, vous pouvez descendre. Je vous attends en bas pour une petite explication.
            La « petite explication », c’est la cerise pourrie sur le gâteau pourri de la punition.

            Justin resta face à la fenêtre, observant la neige, la paille et les gouttes de sang, comme si c’était plus important que tout ce qui avait pu exister dans ce jardin depuis sa naissance. Il fallut que sa mère vienne le chercher d’une voix douce, parce qu’elle devait penser qu’il restait là pour se punir encore un peu. Il faisait cela parfois, quand elle pleurait à cause de lui.

samedi 1 février 2014

Et je suis devenu enfant du monde
Moi qui n’étais que l’enfant d’une seconde sans joie
Sans orgasme et sans voix

Libéré à défaut d’être libre
Je suis devenu fils de rien
Mon rêve
Alors, au lieu de m’en aller, je me suis dit viens.

Dans la lenteur
Et dans l’anarchie du silence

Et danse, danse…